Cercles Vicieux et Géométrie dans l’Espace

Cercles Vicieux et Géométrie dans l’Espace

Je comprends très bien aujourd’hui pourquoi nos parents insistent à nous marier avant de souffler notre trentième bougie.

La trentaine passée, liberté et habitude prennent le dessus, s’enlacent et s’embrassent pour former un fatal mélange, un vilain cocktail Molotov qui rend la vie de célibataire – contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, délicieusement agréable.

Il semble que je ne suis pas la seule à être partagée sur ce concept. De plus en plus de sondages menés par des universités révèlent que, contrairement à la perception générale, beaucoup de personnes célibataires (hommes et femmes) sont réellement plus heureuses seules que lorsqu’elles sont en couple. Ce n’est ni imperfection ni déficience.
Je ne parle pas de Bridget Jones, soyons clairs, qui pleure son âme en sirotant son Chardonnay.
Evidemment, les recherches passées ont également montré que les belles relations apportent stabilité, bonheur et meilleure santé. Mais bon, ce n’est pas ça mon sujet today. Et puis les bonnes relations sont devenues encore plus rares que les femmes pas botoxées.

 

Célibat et zenattitude
Je suis une personne qui essaie à tout prix d’éviter toutes sortes de conflits et de confrontations. Au boulot, en société, en famille, n’ importe où, calme et sérénité sont mon souci primordial. Je m’entoure de gens anti-conflit pour me faciliter la tâche. La paix intérieure, c’est mon port d’attache.
D’où l’avantage de rester célibataire – c’est une forme d’armure émotionnelle. Rester célibataire annule automatiquement l’anxiété qu’engendrent les relations. Admettons-le, une personne amoureuse, même si elle est au top de son épanouissement, sûre d’elle-même et tout et tout, a aussi des tripes et des insécurités qui viennent toujours en article promo sur le dos du paquet.
Parce que l’intimité ça prend du travail. Avant trente ans, c’est facile. Après trente ans, apprendre à connaitre une autre personne avec tout le bagage qu’elle apporte, toute sa vie, son expérience, les tiroirs de son âme, ses complexes – simples ou complexes, ce risque qu’on prend à laisser les autres nous voir comme nous sommes réellement (complexes, imparfaits). La crainte d’être trop – ou trop peu – pour l’être aimé…

…ça prend du travail, tout ça!

Et avec le boulot, les obligations, le stress, le quotidien qui nous sape toute notre énergie parce que la vie d’adulte c’est pas du gâteau… (ni la vie dans ce pays) en reste-t-il assez, de cette bonne volonté qu’on préfère investir ailleurs ?
En ce sens, la vie passée seule – par opposition à la solitude – peut être libératrice. C’est justement la preuve que le fait d’être célibataire ne clashe pas avec la satisfaction générale de sa vie, ou le bonheur/bien-être ; bien au contraire, il peut offrir plein d’avantages, y compris zen, paix et plénitude, ainsi qu’une protection SPF 50 contre tout genre de risque que le fait de dépendre émotionnellement de quelqu’un génère.

Les ex dans les expériences
Je me suis toujours considérée être une joyeuse célibataire. Je n’ai jamais eu de fantasmes de robe blanche en grandissant. Je suis tombée amoureuse deux fois mais dans les deux fois c’était des hommes incapables d’aimer ou de m’aimer à moi, donc pour moi c’était comme un stage forcé, un crash course en détachement. Souffert au point de devenir capable de manipuler mon propre cœur, rafistolé de toutes ses mésaventures.
Je comprends parfaitement comment le fait de rester célibataire – que ce soit à un niveau conscient ou inconscient, implique un élément de choix. Plus question de cultiver aucun genre d’intimité… aucune sorte de ce laisser-aller en transparence. Toujours sur mes gardes. Plus la peine de peiner pour un homme. Le dernier breakup en 2010 était pour moi un boot camp libérateur qui a enflé mes muscles d’indépendance.

 
Potes et potentiel bonheur
Mes plus beaux souvenirs, quand j’y pense, ne sont pas des souvenirs liés à des hommes ; c’est des souvenirs d’accomplissement personnel, de beaux voyages et de fous rires.
De plus, je ne le dirai jamais assez: mes amis c’est le bonheur que j’ai librement choisi. Je peux vivre sans homme mais jamais sans mes amis ; la pierre angulaire dans ma vie, c’est eux.
J’ai des amitiés qui datent de plus de 20 ans. Et je suis légèrement irritée quand les gens me disent: “Tu as de la chance d’avoir tant d’amis.” Quelle chance ? Ca n’a rien à voir avec la chance: c’est du travail quotidien. Se souvenir des anniversaires, des parents malades, des nouveaux emplois. Les amis sont la nouvelle para-famille. Sauf qu’avec les amis – contrairement aux partenaires, ce travail quotidien ca ne te lâche pas après des années d’intimité. Ca ne te dit pas sorry i’m out. Je ne t’aime plus.
J’ai donc abandonné l’idée de l’amour. Je préfère éviter le drame des relations. Mais pour être honnête, je crois qu’un petit coin fleur-bleue en moi persiste (peut-être stupidement) à espérer que quelque chose de vrai viendra me prendre au dépourvu un jour.
J’adore mon espace, ma liberté, ma propre compagnie… et je trouve la vie de célibataire palpitante, bien plus palpitante qu’une vie a deux avec une personne ennuyeuse.
Oui, j’aimerai bien avoir quelqu’un à mes côtés pour un peu de chaleur humaine et d’affection mais non, ma vie ne tourne pas autour de ça.

 

Couple ou célibat, je ne sais pas
Et le facteur temps dans tout ça ? Quand on reste célibataire pour un certain moment, on commence à s’habituer à notre train de vie et on se remplit la vie.
Le format est bien simple : tu es célibataire, tu l’assumes, tu profites de la vie le plus que tu peux.
Le résultat ? On reste occupé et on arrête d’attendre, tout naturellement parce qu’on a des trucs à faire. Et puis naturellement, ceci prend un pli. Notre espace prend de l’espace. Mon cours de Pilates ou un verre avec Rami ?
Comme me disait mon pote Imad, une fille qui *doit* essayer de me trouver du temps dans son agenda, c’est un turn-off pour les hommes. Elle trouve difficilement du temps pour moi, moi je garde mon plan b et plan c de côté, je ne pourrai pas lui donner priorité même si elle me plait, puisque pour elle je ne passe jamais en premier.
Et voilà.

Arrêtons de tourner en rond ; le cercle vicieux a des angles pointus auxquels on se cogne.

Sharing is Caring

Leave a Reply 0 comments

Leave a Reply: